Running

Du dimanche canapé au dimanche marathon… Il n’y a qu’une foulée !

7 juin 2016

 

C’est l’histoire d’une jeune femme qui détestait courir il y a trois ans… Un kilomètre me semblait être le bout du monde. Le premier 10 kilomètres fut difficile. Je ne parle même pas de mon premier semi-marathon en 2014 « je ne veux plus jamais courir ». Pourquoi tant de souffrance ? MAIS POURQUOI ? A croire que j’aime avoir mal…

C’est l’histoire d’une jeune femme qui a voulu prendre sa revanche sur une blessure de six mois, et est devenue MARATHONIENNE.

Cette histoire, c’est la mienne.

Retour sur cette story.

 

Vous l’avez compris, la course à pieds, c’était vraiment pas mon truc. Courir oui, mais après quoi ? Sauf que, quand on s’y met, cela devient vite addictif… On a envie d’aller plus loin, plus vite…

Après des débuts difficiles où chaque course se terminait dans la souffrance, je connais l’apogée fin 2014 après un enchaînement de RP – records personnels. Je n’en reviens pas de ma progression. A ce moment-là, je me sens invincible et prête à attaquer le marathon. Tous les copains me poussent à m’inscrire. C’est chose faite !

Première course, première méddaille

Première course, première médaille

 

PAS DE BRAS = PAS DE CHOCOLAT

Janvier 2015 : Début de la préparation marathon. Le début de la fin surtout. Une préparation en dents de scie, durant laquelle je n’avais pas notion de l’importance de certains entraînements et des étirements.

Pour dire, des douleurs commençaient à apparaître mais cela me semblait normal au vu de l’intensité des entraînements dont je n’avais pas l’habitude.

A raison d’enchaîner un fractionné puis un 10k en compétition, erreur fatale…

Le corps ne pardonne pas, le 8 mars 2015, lors du semi-marathon de Paris, il me lâche littéralement avec une douleur à la cuisse insupportable. Je dois abandonner. C’est bien la première fois que je dois lâcher, ce n’est pas mon état d’esprit. Rien n’y fait, au 11ème kilomètre, au niveau de la place de la Bastille, il m’est impossible d’avancer dans cet état jusqu’à la ligne d’arrivée… Je finis en métro jusqu’au Château de Vincennes. Défaite !

Les jours passent, la douleur ne disparaît pas. Au contraire, elle s’intensifie avec des chocs électriques dans la cuisse, d’une douleur indescriptible.

Cinq semaines avant le marathon, j’ai peur. J’enchaîne les rendez-vous chez les médecins, kiné, échographie… « Vous avez une inflammation au niveau de la cuisse, avec quelques séances de kiné et du repos, vous allez être requinquée ».

Deux semaines passent, rien n’y fait ! Tu parles d’un requinquage !

J’avoue, à cet instant, je flippe vraiment. Je dois encore enchaîner des sorties longues, et m’entrainer ! Je cherche les meilleurs médecins à Paris sur les conseils de sportifs qui m’entourent.

Le rendez-vous est pris chez un médecin du sport, il n’arrive pas à déceler mes douleurs… Il n’y a pas de temps à perdre : l’IRM est prévue dans l’après-midi. Le soir-même, mon rêve marathonien s’effondre à cause d’une fracture de fatigue du col fémoral et une déchirure musculaire du quadriceps (la totale), et mes larmes ne cessent de couler… Je pars surtout pour un repos complet pendant de longs mois, une béquille pour contrebalancer la douleur au niveau de la cuisse, et des séances de kiné bihebdomadaires.

Les choses sont telles qu’elles sont, je me fais une raison, me concentre sur d’autres objectifs de ma vie. Et surtout, je garde le sourire !

 

Supportrice de choc sur le Marathon de Paris 2015 - le lendemain de la finale de la Coupe de la Ligue (SCB - PSG)

Supportrice de choc sur le Marathon de Paris 2015 – le lendemain de la finale de la Coupe de la Ligue (SCB – PSG)

 

J’abandonne ma béquille trois mois après, les douleurs commencent à s’estomper… Je suis un programme tout en douceur au cours de l’été. La reprise est vraiment difficile mentalement, j’enchaîne 1 minute de marche et 1 minute de course, et c’est déjà usant. Le volume augmente jusqu’à un véritable footing de 30′ à la fin de l’été.

Je continue à être suivie de près par le médecin du sport, les tests sont effectuées sur la première course de reprise (La Noctambule – 10k) et ensuite plus longue distance, le 20k de Marseille-Cassis fin octobre.

POSITIF !!! Je m’inscris à nouveau au Marathon de Paris prévu le 3 avril 2016. Cette fois, pas de bêtises, j’écoute mon corps !

 

LA SOIF DE REVANCHE

On est déjà début janvier, et les choses sérieuses commencent. Coachy Vincent me donne un plan d’entrainement à la semaine avec les copains qui préparent également le semi de Paris et surtout le Marathon ! C’est motivant d’avoir autour de soi des gens motivés, et un coach qui nous sermonne parfois sur la piste, pour ne rien lâcher mais surtout pour qu’on dépasse nos limites !

Il y a pourtant des aléas de santé en ce début de préparation qui viennent compliquer les choses… Je reste à l’écoute de mon corps, je débute tout en douceur. Le souffle n’est pas là, mais je ne lâche rien. Certaines séances sont écourtées, assez frustrant… au point d’en pleurer (je suis une grande émotive !).

Dans ma tête, je suis prête à affronter les moments difficiles, prête à me dépasser. J’ai la rage, et j’ai surtout une revanche à prendre sur le rendez-vous manqué de l’année dernière.

Durant cette prépa, je me suis limitée sur le nombre de courses : un 10k et un semi-marathon uniquement, avec des objectifs chrono. Les semaines passent, je continue d’encaisser les kilomètres à travers des séances spécifiques pour travailler l’endurance, la vitesse et le mental. Qu’il pleuve, qu’il neige, qu’il fasse froid, rien ne peut m’arrêter.

La préparation apporte beaucoup plus que la course en elle-même, même si cela reste l’objectif final. En me préparant sérieusement, j’apprends beaucoup de choses sur moi, sur ma capacité à encaisser, ma rigueur et rester focus sur l’objectif.

JOUR J : ENTRE PEUR, EXCITATION ET IMPATIENCE

Le 3 avril : JOUR J. On y est. Je me sens prête. Je ne lâcherai rien. Tout a été fait pour réussir. Je suis accompagnée par deux lièvres de luxe : Lorry à partir du 22ème kilomètre et Constance m’attend au 30ème.
La veille, je reçois une livraison spéciale de fleurs de deux amies depuis la Corse accompagnée d’un mot mot « Lève-toi et marche, a dit Jésus. Nous, on te dit « «lève ton cul et cours jusqu’au boutNous t’aimons fort et sommes fières de toi. Nath & Lolo »
Ces mots me vont droit au cœur, tout comme les autres messages d’encouragements. Ils seront d’une grande aide quand la course deviendra difficile, quand les jambes voudront lâcher et que le mental devra prendre le relais.

Réveil à 5H30. Petit-dej avalé, tenue enfilé, dossard epinglé, gels prêts, crème anti-frottements, lets’go. J’ai rendez-vous avec Emeline à 7H40 étant dans le même SAS de 3H45 (départ prévu à 9h20). On a à peine le temps d’aller aux toilettes (deux fois!), de se diriger vers les consignes de sécurité, de retrouver mon lièvre du 30ème – Constance – pour les derniers conseils, de croiser rapidement Claudia & Graziano, et de rentrer dans notre SAS avant la fermeture…

9H25, le top départ est lancé. Les élites sont déjà partis depuis 35 minutes… Je prends vite mon rythme de croisière et j’admire les monuments Parisiens (quelle belle ville!). Je croise plusieurs têtes connues sur le parcours, ça rebooste. Coach Vincent est au 5ème km et me crie dessus (il adore ça!) – PROMIS, JE NE LÂCHERAI RIEN !

Je continue ma promenade du dimanche, tout va bien dans le meilleur des mondes. Champs Elysées, Rue Rivoli, Saint-Paul, Bastille, Daumesnil… Je m’approche du lieu de rendez-vous de ma team #boostsentier et c’est aussi là que Lorry me retrouve pour m’accompagner jusqu’au 30ème. Le premier semi, c’est un peu fingers in the noise.
Fanny m’attend juste après le 22ème, elle est sortie de son lit pour m’encourager <3. Je la vois, je pousse un cri, et je continue sur ma lancée. A partir de là, je ne gère plus mes ravitos, Lorry joue parfaitement son rôle de lièvre.Dès le premier tunnel (le plus long), c’est le début de la fin. On est au 25ème kilomètre, et là, ça devient difficile… Les côtes pour sortir des tunnels sont abominables. Je ralentis, mais je ne lâche pas. Je pense à tous mes entraînements, aux mots d’encouragements, j’ai bien appris la leçon. Je vais y arriver, je peux le faire.
C’est surtout l’inconnu à partir de ce moment-là. Je n’ai jamais couru autant et aussi longtemps.

Au 30ème kilomètre, un faux mur géant attend les futurs marathoniens (la fameuse légende du mur…). On est prêt à le franchir. J’ouvre les yeux pour retrouver Constance, Lorry est toujours à mes côtés. Bon, je panique un peu… Je ne la retrouve pas, elle a mon téléphone en plus #instantgeek. Finalement, elle s’est placée après le 30ème, je l’attrape par le bras et le duo se transforme en trio.

Sous les cris et SOS de mes deux lièvres, j’entre dans le bois de Boulogne. Les jambes sont lourdes, très lourdes… Je fais quelques arrêts pour boire des gorgées d’eau. Il fait chaud, très chaud. Constance me renverse sans cesse de l’eau sur la tête pour me rafraîchir. Plus un mot ne peut sortir de ma bouche. On continue notre route. Constance essaie de me faire rire (je ris seulement intérieurement), non mais vraiment, je fais la gueule là. Les kilomètres défilent mais semblent durer une éternité… Elle est où la ligne d’arrivée ? Dès lors que je m’arrête, le moment pour repartir est très difficile, les jambes sont vraiment dans le dur.

Je me dis à ce moment-là qu’il ne faut plus qu’on s’arrête une seule fois… Je débranche complètement mon cerveau, et just do it. J’y vais, je fonce, je trouve même un peu d’énergie pour accélérer (un tout petit peu, j’ai dit, faut pas rêver). Dernière ligne droite, j’aperçois le rond-point Dauphine au bout de la rue. A ce moment-là, je sais qu’il ne reste que quelques centaines de mètres. Ce qui signifie LA FIN, LA LIGNE D’ARRIVÉE ! Avec le peu d’énergie restant, on pousse un mini sprint et je franchis la ligne d’arrivée main dans la main avec Constance.

Ça y est, je suis MARATHONIENNE. Je l’ai fait. La pression retombe, je pleure… Je suis tellement heureuse. J’ai mal, mais je bouillonne de bonheur ! J’ai réussi mon challenge, et en 4h08 !!! Très fière de ce premier chrono.
Je retrouve les copains, on se félicite. Pour certains, c’est le premier, d’autres « juste » un énième. Peu importe, on vient de courir un marathon, et ça, c’est toujours un exploit ! Zatopek l’a même dit « Si tu veux courir, cours un kilomètre. Si tu veux changer ta vie, cours un marathon« .

J’attends Claudia qui arrive quelques temps après, c’est aussi son premier marathon, cette année, c’était notre victoire à toutes les deux ayant abandonné ce rêve marathonien en 2015…
Le lendemain, c’est journée au lit. Je n’ai jamais été aussi courbaturée de ma vie. Me déplacer d’une pièce à une autre est un véritable supplice. Ce n’est pas grave, ça en valait plus que la peine. Je suis HEUREUSE. Je suis MARATHONIENNE, et ça, personne ne pourra jamais me l’enlever.
« On peut tout te prendre; tes biens, tes plus belles années, l’ensemble de tes joies, et l’ensemble de tes mérites, jusqu’à ta dernière chemise, il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l’on t’a confisqué.«  (Yasmina Khadra)

 

Derniers encouragements avant le départ

Derniers encouragements avant le départ

 

La suite ?

Mes envies se tournent dorénavant vers des défis plus fous les uns que les autres, que je pensais autrefois utopiques !

Parait-il, que rien n’est impossible… Keep going !

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